C'est qui ce pélerin ?... (Saint-Genis-Laval)

24 septembre 2004... Votre correspondant du Coq reçoit un email qui démarre comme ça : " Réservez le DVD ou la CASSETTE VHS ! Et partagez mes émotions !... Paul Jame, à pied, de Saint-Genis-Laval à Jérusalem (via Ars, Taizé, Paray le Monial, Lourdes)... ...

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ETRE PELERIN, C’EST SE METTRE EN ROUTE ET PARTIR 

Etre pèlerin, c’est partir, c’est quitter – pour son bonheur – son univers familier. C’est quitter:

• Son temps: faire une pause, dans le rythme fou ou dans celui de l’ennui, dans le rythme des soucis et de la solitude, attendant une réponse du ciel, et convaincus qu’elle peut venir ou du moins on l’espérerait tellement…

• Son lieu habituel et ses habitudes… quitter le circuit de la maison ou du quartier, des gens connus, des repères familiers, parfois trop familiers, sans espoir. C’est s’exposer à la nouveauté, à la surprise, à la différence, à la rencontre… Rien ne dit à l’avance qui on rencontrera. Mais, avec à peine un voile d’appréhension, on espère la rencontre. Car partir c’est perdre des repères… dans l’espérance parfois immense ou folle de tout gagner.

• Ses soucis, bons ou pénibles, ses angoisses parfois trop lourdes… faire la pause. Et cela nous le savons d’expérience, car en parlant ici de pèlerins, nous ne parlons pas des autres, nous le savons, nous parlons de nous.

• Ses certitudes… celles que parfois les autres identifient mieux que nous-mêmes, les certitudes qui nous rendent parfois plus difficiles à la communication…

Car le pèlerinage peut être l’occasion d’un dérangement, d’une rencontre.

On en attend au sens le plus fort, la guérison, autre nom ici de la conversion.

Le pèlerinage ne représente-t-il pas le secret espoir que pour nous aussi ait lieu une rencontre comparable à celle du buisson ardent, ou encore à celle que fit Marie-Madeleine dans le jardin tout proche du Golgotha, quand partant avec son affection pour vivre le temps du deuil dans tout son poids de peine, elle rencontre le Ressuscité qui bouleverse pour toujours sa vie, et qui a bousculé la vie de milliers d’autres à sa suite, de nous-mêmes aussi.

Partir, c’est se rendre vulnérable ou perméable à Dieu… C’est manifester, par ce départ, que l’on est en quête de Dieu. 
ETRE PELERIN, C’EST APPRENDRE A DEVENIR FRERE …

* Partir, c’est rejoindre, cheminer avec des hommes, des femmes, des enfants, qui décident de prendre la route.

* Partir et nous mettre en marche aujourd’hui, c’est aussi accepter un don de Dieu : des frères nous sont donnés pour ce chemin ! Peut-être nous sont-ils donnés pour mieux marcher, pour mieux apprendre Dieu.

* Partir, c’est tout attendre de Dieu et des frères, solidaires dans l’écoute, le respect, la charité...

C’est en étant frères de tout pèlerin que nous serons au cœur de notre mission.
Car nous sommes tous chercheurs de Dieu, pauvres, assoiffés de Dieu.